Les exportations dominicaines vers Haïti ont chuté de 49,1 pour cent en un an — et la détérioration s'accélère en 2026.
De 36,7 milliards de dollars en 2024 à 18,7 milliards en 2025. Puis une contraction supplémentaire de 28,5 pour cent dans les exportations des zones franches au seul premier semestre 2026. Ces chiffres ne décrivent pas un repli cyclique. Ils confirment la destruction quasi totale de la capacité d'achat haïtienne à travers l'ensemble des catégories commerciales.
La conséquence stratégique est rarement formulée clairement : lorsque le lien commercial disparaît, les incitations à la modération diplomatique disparaissent avec lui. Saint-Domingue perd son intérêt commercial objectif à la stabilisation d'Haïti. La relation bilatérale entre dans une configuration où seuls les instruments coercitifs — application migratoire, contrôle frontalier, infrastructure souveraine — structurent l'engagement. C'est précisément l'inverse de ce que la situation haïtienne requiert.
L'investissement annoncé de 300 millions de dollars dans un port sec frontalier aggrave cette dynamique. Formaliser l'infrastructure commerciale au moment précis où les commerçants informels haïtiens n'ont ni statut juridique ni capacité institutionnelle pour opérer dans un régime douanier formel équivaut structurellement à leur exclusion du marché.
Le secteur privé dominicain — textile, plastiques, matériaux de construction — porte une exposition directe et mesurable à cet effondrement de la demande. C'est un argument pour le plaidoyer en faveur de la stabilisation que les enceintes diplomatiques n'ont pas encore mobilisé.
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