La République dominicaine a expulsé plus de 180 000 Haïtiens depuis octobre 2024 — tout en regardant ses propres exportations vers Haïti s'effondrer de 90,7 pour cent en un an.
Ce chiffre — de 25 milliards à 2,34 milliards de dollars — est l'une des contractions commerciales bilatérales les plus sévères enregistrées dans les Caraïbes en plusieurs décennies. Le fer, l'acier, le ciment, les plastiques : les catégories les plus affectées sont exactement celles dont Haïti a besoin pour construire des abris et réparer ses infrastructures au moment où les gangs déplacent des populations entières.
Le 15 juillet 2026, Saint-Domingue a formellement refusé de contribuer des forces à la Force de suppression des gangs de l'ONU opérant en Haïti, tout en renforçant ses propres positions frontalières dans une posture de cordon. Soutien politique affiché, engagement militaire absent.
Le Décret 403-2026, présenté comme protecteur des migrants, ne modifie aucune procédure d'expulsion. Il supprime des exigences documentaires administratives — un instrument de gestion de réputation, pas de protection juridique.
Ce que l'on observe n'est pas une contradiction : c'est une stratégie cohérente de containment. Contenir les retombées du conflit haïtien sans absorber le coût opérationnel de sa résolution. La pression nativiste intérieure dominicaine — des publications individuelles générant plus de 124 000 interactions — contraint structurellement la flexibilité diplomatique d'Abinader.
Pendant ce temps, le corridor de Dajabón absorbe simultanément 10 000 déportés par semaine et un effondrement de l'approvisionnement en matériaux essentiels. C'est un choc humanitaire et économique compoundé — sans calendrier de résolution confirmé.