Ce chiffre seul suffit à qualifier la situation de défaillance systémique. Mais ce n'est qu'une des quatre crises simultanées en cours.
Sur le plan sécuritaire : la Force de suppression des gangs a remplacé nominalement la MSS après son départ fin avril, sans que soient publiés ses effectifs, ses règles d'engagement ni ses nations contributrices. Elle remplace une mission caractérisée comme un échec, face à une coalition de gangs qui étend son contrôle territorial aux départements provinciaux. 418 morts par mois selon les chiffres onusiens confirmés — chiffre reconnu comme une sous-estimation.
Sur le plan électoral : l'inscription des électeurs a été reportée, un désaccord non résolu entre le CEP et la Primature bloque le processus, et la date du 30 août perd chaque semaine en faisabilité opérationnelle. Le cadre de légitimité du gouvernement transitionnel en dépend structurellement.
Sur le plan migratoire : la Cour suprême américaine a supprimé le 25 juin l'obstacle juridique central à la résiliation du TPS haïtien. Haïti absorbe déjà 31 000 déportations dominicaines par mois. Sa capacité d'accueil effective est nulle.
Ces quatre dynamiques ne sont pas parallèles — elles s'amplifient mutuellement. C'est précisément ce que les modèles de risque linéaires ne capturent pas.
Intelligence : Ayiti Intel