124 000 Haïtiens expulsés en quatre mois — et la dynamique politique qui alimente ce rythme vient de se verrouiller jusqu'en 2030.
La consolidation sans opposition à la tête du parti au pouvoir dominicain supprime la dernière contrainte politique interne qui aurait pu modérer la posture d'application envers Haïti. La course à la succession présidentielle pour 2028, désormais ouverte, transforme la politique haïtienne en enjeu concurrentiel nationaliste : l'incitation structurelle est d'escalader, non de modérer.
Pendant ce temps, les données économiques racontent une histoire parallèle et tout aussi grave. Le total des exportations dominicaines vers Haïti s'est effondré de 63,8 pour cent entre 2024 et 2025 — de 32,2 milliards USD à 11,7 milliards USD. Les données des zones franches du premier semestre 2026 indiquent que la contraction se poursuit. Les catégories les plus touchées — fer, acier, plastiques, ciment — sont précisément les intrants dont Haïti a besoin pour toute reconstruction physique.
Ce que les chiffres ne capturent pas : les envois de fonds de la communauté haïtienne en République dominicaine se contractent probablement au rythme même des expulsions, retirant du marché du travail dominicain les personnes qui soutenaient des ménages en Haïti. C'est une dimension sous-rapportée de l'impact économique qui s'additionne à l'effondrement commercial.
La question de l'extraction dans la rivière Dajabón — amplifiée par les médias nationalistes dominicains après une inspection ministérielle en juin — suit le même schéma d'escalade que le différend du canal de 2023. Ce n'est pas une histoire de second plan environnemental. C'est un déclencheur potentiel à surveiller en priorité.
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