Les exportations dominicaines vers Haïti ont été divisées par deux en douze mois — et le port sec à 300 millions de dollars annoncé par Santo Domingo n'est pas une réponse à ce naufrage commercial, c'est un pari sur ce qui vient après.
Les données vérifiées de l'ONU Comtrade confirment un effondrement de 51,1 % d'une année à l'autre : de 35,8 milliards à 17,5 milliards de dollars entre 2024 et 2025. C'est le plus grand recul bilatéral enregistré en une seule année dans la relation commerciale moderne entre les deux États de l'île hispaniola.
Les cinq catégories de marchandises les plus touchées — fer et acier, plastiques, coton, vêtements, ciment — cartographient l'effondrement transversal de l'économie productive haïtienne. Ce n'est pas un ralentissement sectoriel. C'est une destruction de la demande dans l'ensemble des secteurs de la construction, de la consommation et de la fabrication légère.
La dimension stratégique est la suivante : en construisant une infrastructure logistique sous juridiction réglementaire dominicaine, Santo Domingo se positionne pour capter la valeur de toute reprise commerciale future sans dépendre de la capacité institutionnelle haïtienne. Le levier historique d'Haïti dans les négociations bilatérales découlait de son rôle de marché d'exportation garanti. Cet effondrement l'érode précisément au moment où Port-au-Prince en a le plus besoin.
La réunion ministérielle du 3 septembre à CODEVI a produit des déclarations sans calendrier opérationnel. L'écart entre le signal diplomatique et l'action concrète reste la constante définissante de cette relation en 2026.
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