226 000 expulsions en moins de dix mois. Ce chiffre ne décrit pas une politique migratoire — il décrit une opération d'État institutionnalisée contre Haïti.
Au rythme du premier semestre 2026, le débit hebdomadaire d'expulsions depuis la République dominicaine atteint entre 7 000 et 8 000 individus en période de pointe. Des femmes, des enfants et des personnes en situation de vulnérabilité documentée représentent une part disproportionnée des expulsés. Des allégations non confirmées signalent des contrôles effectués dans ou à proximité d'établissements hospitaliers — si vérifiées, ces pratiques feraient basculer le dossier du registre de la politique migratoire vers celui de la violation du droit international humanitaire.
Le 17 juillet 2026, des drones de surveillance et des véhicules blindés tactiques ont été livrés au ministère dominicain de la Défense pour renforcer le couloir frontalier. La gestion des frontières n'est plus une fonction civile — c'est une mission militaro-opérationnelle.
Pendant ce temps, les exportations dominicaines vers Haïti ont chuté de 63,8 % en un an — de 32,24 à 11,69 milliards USD. Les catégories les plus touchées sont le fer, l'acier et le ciment : précisément ce dont Haïti a besoin pour reconstruire là où les gangs ont détruit.
La contradiction centrale : la République dominicaine expulse massivement une main-d'œuvre dont 68 % du secteur de la construction dépend structurellement, sans aucun cadre de régularisation formellement activé. Ce n'est pas une incohérence — c'est une gouvernance à double vitesse qui absorbe ses propres coûts économiques au nom du capital politique nationaliste.
L'insulation macroéconomique est totale. Avec plus de 50,2 milliards USD de recettes en devises projetées pour 2026 et une croissance du PIB à 3,6 %, aucun incitatif économique interne ne pousse à modérer la posture. La pression externe doit donc passer par d'autres vecteurs — juridiques, multilatéraux, sectoriels.
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