Le gouvernement dominicain annonce 300 millions de dollars d'investissement dans une zone franche frontalière avec Haïti — pendant que ses propres données montrent un effondrement de 53 % des exportations vers Haïti en 2025.
Ce n'est pas une incohérence de communication. C'est une contradiction structurelle qui révèle la logique réelle de la politique d'Abinader.
D'un côté, 250 429 Haïtiens expulsés entre janvier et juillet 2026 — dont de nombreux acteurs commerciaux transfrontaliers et travailleurs dont les transferts de revenus alimentaient la demande haïtienne. De l'autre, une annonce d'investissement frontalier qui exige précisément ce que les déportations éliminent : des acheteurs haïtiens, des réseaux de distribution fonctionnels, un pouvoir d'achat transfrontalier.
Les cinq principales catégories d'exportation dominicaine vers Haïti — fer, acier, plastiques, coton, ciment — dépendent toutes d'un marché de la construction et d'une capacité de consommation haïtiens. Ces deux conditions sont structurellement dégradées sous le contrôle territorial des gangs et l'effondrement de la gourde.
Aucune évaluation d'impact environnemental, aucune attribution de contrat, aucune date de première pierre n'ont été documentées pour ce projet de 300 millions de dollars. L'histoire est éloquente : depuis deux décennies, une seule réalisation substantielle — le parc CODEVI à Ouanaminthe — est née d'ambitions similaires.
Pour les décideurs et investisseurs qui suivent le corridor économique haïtiano-dominicain, la question n'est pas de savoir si cet investissement sera rentable. C'est de comprendre pourquoi il est annoncé maintenant, dans ces conditions, et ce que cela signale sur la trajectoire réelle des relations bilatérales.
Essai gratuit 7 jours : reader.ayitiintel.com/samples
#Haïti #RépubliqueDominicaine #RisquePolitique #CommerceCaraïbes #InvestissementFrontalier #AnalysePolitique #Caraïbes #HaïtiRD